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  Archéologie : fouilles préventives du secteur du PRIEURE

ArKeMine Recherche & Archéologie Préventive

Fouille du secteur du Prieuré : La société Arkemine est une SARL agréée par le ministère de la Culture pour la réalisation de fouilles archéologiques préventives. Elle a été mandatée par la société Archimmob, représentée par M. Archimbaud, pour réaliser les fouilles archéologiques à Saint Martin Les Melle au lieu dit Le Prieuré, en bordure du « Bois Haut » et à proximité du cimetière communal actuel. Le contexte archéologique laissait envisager la présence de vestiges archéologiques enfouis. Le contexte géologique était favorable à I’ existence d’une mine ancienne dans le secteur du Prieuré. Le gisement est le même que celui exploite entre le 8ème et le 10ème siècle autour de Melle.

L’argent servait principalement pour la production monétaire. En Pays Mellois, aucun vestige de surface associé à des zones d’extractions minières n’a pu être étudié de façon exhaustive. De mémoire d’homme, aucune cavité visitable n’était connue au lieu dit Le Prieuré. Les puits d’extraction ont peut-être été colmatés très peu de temps après I’ abandon de I’ exploitation minière.

En France, peu d’intervention utilisant les moyens de l’archéologie préventive a permis d’étudier des vestiges de ce genre.

Depuis le 6 avril 2009, la société Arkemine a composé une équipe de 6 à 8 personnes pour réaliser des fouilles archéologiques au lieu dit Le Prieuré (Saint Martin Les Melle, 79). Florian Tereygeol, chercheur au CNRS qui étudie les mines en Pays Mellois depuis les années 1990 met au service de la fouille préventive ses connaissances afin de mieux cerner I’ occupation minière de se site.

Les vestiges d’une exploitation minière médiévale.

Les premières observations : D’un point de vue technique, il semble que les mineurs aient exploité le gisement riche en argent en abattant principalement la roche par le feu, comme pour la plupart des autres mines du Pays Mellois. L’accès au gisement se faisait par des puits traversant les différents niveaux géologiques recouvrant le gisement.

Les caractéristiques spatiales de ces accès, présents sur le site, n’ont jamais pu être identifiées sur les autres exploitations minières autour de Melle. Les haldes (amas de résidus d’abattage minier) sont constituées d’amas de blocs de roches totalement stériles et d’amas dont les éléments sont issus de I’ abattage par le feu et d’un premier tri réalisé dans et à I’ extérieur de la mine.

Les vestiges de surface dégagés et les observations réalisées pour le moment permettent de mieux comprendre I’ organisation de I’ exploitation à I’ extérieur de la mine ; un certain nombre de murs circulaires permettait de gérer les haldes autour des puits d’extraction, et un mur semble limiter la zone d’exploitation et de gestion des déblais vers le Nord. Certains des murs circulaires semblent isoler des cellules dont les fonctions sont à identifier.

En ce qui concerne la ou les périodes d’exploitation, pour I’instant seul un fragment de céramique permet d’envisager que les mines étaient en exploitation pendant la période carolingienne. L’ampleur des travaux miniers mis au jour permet d’envisager la présence d’une importante exploitation minière dont la période et la durée d’exploitation restent donc à définir. Ces premières observations montrent le caractère exceptionnel de ce site puisque jusque-là, aucune association de puits, de murs et de haldes de ce type n’a été observée à Melle ni même sur d’autres sites miniers anciens en France.

En conclusion : Le diagnostic, mène sur une parcelle de trois hectares, est situé à proximité de I’ agglomération médiévale de Melle, dans une région réputée pour I’ exploitation du calcaire argentifère.

Les tranchées ont en effet permis de cerner les vestiges de surface d’une exploitation minière, sous la forme de rejets d’abattage au feu, de puits et des déblais issus de leur creusement.

Ils sont localisés dans la moitié sud de la parcelle, dans sa partie haute, mais ne semblent pas s’étendre vers le nord ou vers le nord-ouest où les parcelles cultivées ne recèlent pas à leur surface de pierres de mines. Son extension est avérée depuis le XIXe siècle dans la parcelle boisée située à l’est.

La surface concernée par l’impact en surface de la mine avoisine donc les 15 000 m². Les données topographique et géologique, en combinant altimétrie et puissance des sédiments, tendent à démontrer la présence ici d’un réseau minier peu profond, soit une dizaine de mètres. L’amplitude des dépôts liés au creusement des puits, faible au regard des épandages de pierres de mines, semble confirmer cette hypothèse.

Le gisement, déjà localisé, est connu uniquement grâce aux travaux de prospections, en particulier de F. Tereygeol. Cette opération a permis de visualiser en surface l’impact du réseau souterrain et d’aborder les questions liées à la gestion des importants déblais, liés au creusement des puits et à l’exploitation de la carrière. Ainsi la comparaison de ces différents comblements permet de démontrer une succession de creusements et de comblements des puits, dessinant une chronologie relative de l’avancée de l’exploitation.

La redécouverte de ce site minier offre la perspective d’une étude exhaustive d’un ou plusieurs puits (sens et technique de percement) et d’un accès au réseau souterrain vierge.

Enfin son étude soulèverait le doute sur la datation de l’exploitation du minerai dans ce secteur de Melle.

Thierry CORNEC

Sources : ArKeMine & DRAC Poitou-Charentes avec les remerciements de la municipalité.



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